Les choses humaines de Karine Tuil

De Clinton à Elkabach, de Roth à Lewinski, les références ne manquent pas dans ce livre au style épatant. Et pourtant, pourtant le mélange des situations et d’univers rend le gâteau quelque peu indigeste… on lit aisément le 11e roman de Karine Tuil mais on reste paradoxalement sur sa faim 😉

Le pitch

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Le livre

On aimerait y croire, on se plait à y croire et puis le récit s’effiloche, les personnages se figent, les situations se succèdent sans que le lecteur sache vraiment quel est le véritable sujet du livre : le pouvoir, le journalisme, la domination, l’élite, le machisme, le féminisme…?

L’intelligence, le savoir-faire sont indéniables, mais la construction du récit vient empeser l’ensemble. Qui trop embrasse mal étreint…

C’est dommage, tant le style de Karine Tuil est riche, dense et fluide à la fois. Après le très subtile « L’insouciance », on  était en attente d’un nouveau très bon livre… il semble qu’il faille attendre le prochain !

Extrait

« Durer – c’était le verbe qui contractait toutes les aliénations existentielles de Jean Farel : rester avec sa femme ; conserver une bonne santé ; vivre longtemps ; quitter l’antenne le plus tard possible. À soixante-dix ans, dont quarante à l’écran, il voyait arriver les jeunes loups de la télévision avec la férocité des vieux fauves qui, sous le masque atone, n’ont rien perdu de leur combativité. Son corps montrait quelques signes de faiblesse mais il avait conservé un mental d’athlète et un esprit agile qui attaquaient avec d’autant plus de violence que l’interlocuteur juvénile, en sous-estimant la vigueur, se trouvait rapidement renvoyé aux frontières de son insuffisance intellectuelle et de son arrogance. « J’ai une bonne nature », affirmait-il modestement à ceux qui lui demandaient le secret de sa forme. Chaque matin, il s’entraînait avec un coach dont il partageait les services avec une vedette de la chanson française. Il était également suivi par un nutritionniste adulé du Tout-Paris. Il pesait ses aliments, ne s’autorisait aucun écart et avait ses habitudes dans deux, trois restaurants de la capitale où se pressait le Paris médiatique. »

Le livre à la Fnac, mais comme d’habitude c’est toujours mieux chez votre libraire : https://livre.fnac.com/a13472298/Karine-Tuil-Les-choses-humaines#omnsearchpos=1

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