Vie de Gérard Fulmard, les nouveaux pieds nickelés de Jean Echenoz

Inénarrable histoire de pieds nickelés, le nouveau roman de Echenoz paru aux éditions de Minuit nous emporte dans l’univers interlope de la rue Erlanger à Paris. Insoutenable pour certains, culte pour d’autres !

Le résumé

La carrière de Gérard Fulmard n’a pas assez retenu l’attention du public. Peut-être était-il temps qu’on en dresse les grandes lignes.
Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s’est retrouvé enrôlé au titre d’homme de main dans un parti politique mineur où s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions.
Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame. Et croire, comme il l’a fait, qu’il est tombé là par hasard, c’est oublier que le hasard est souvent l’ignorance des causes.

Éditions de minuit 

Le livre

Comment chroniquer cette histoire idiote somme toute de pieds nickelés englués dans un engrenage bien trop grand pour eux ? Cette juxtaposition de faits divers réels (le suicide de Mike Brant, un japonais cannibale…) ou inventé sans doute un soir d’ivresse (la chute d’un satellite russe sur un supermarché du 16e arrondissement !), menée d’un train de sénateurs a tout du piège littéraire parfait : génie ou « foutage de gueule » complet ? 

Echenoz fait partie, semble t-il, des écrivains appréciés par une élite intellectuelle. Mais ce petit bouquin est une pochade distrayante dont les ambitions ne paraissent pas aller au-delà ce que constitue l’essence même de l’objet : une pure distraction.

Et si le lecteur veut bien se laisser emporter par cette loufoquerie souriante, le plaisir sera inévitablement au rendez-vous. Un grand merci à Gérard et à Jean.

😉 😉 😉

Extraits

De l’humble crépi populaire à la façade hâbleuse en verre miroir, de la brique sociale bon marché d’entre-deux-guerres à la brique rouge et ocre émaillée sous toiture en dents de scie, d’un post-haussmannisme sans le sou à un louis-philippard fauché, d’Empire en Art Déco tout aussi fatigués, la rue de Javel n’était qu’une succession de blocs hétéroclites en matériaux désassortis sans états d’âme. Abstruses façades aveugles au carrelage terni, béton brut d’avant-garde obsolète, balcons en plexiglas fumé, poussiéreux bow-window n’en ayant guère que le nom, peu de ces constructions étaient signées par leurs auteurs, abandonnées là comme des lettres anonymes.

Ils sont entrés dans un studio de trente mètres carrés, nid d’aigle de Mozzigonacci et qui n’a plus été repeint depuis la guerre du Golfe, voire de celle des Six jours, et les vitres de ses deux fenêtres donnant sur rue n’ont pas été faites depuis, mettons, le début de celle du Donbass.

Interview

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