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Come Prima ne rime pas forcément Dolce Vita

Dans ce road-trip de deux frères retournant au pays avec les cendres de leur père, les liens que la vie a distendus se renouent.

Deux frères ne se sont pas vus depuis près de 10 ans. Giovanni a fini par retrouver la piste de son frère Fabio. C’est Fabio qui avait rompu les ponts avec la famille dans les années 1940, sur fond de montée du fascisme. Giovanni veut le convaincre de l’accompagner en Italie pour rapporter les cendres de leur père.

C’est le point de départ d’un road trip à bord de la vieille Fiat 500 de leur père. Le voyage sera parsemé de mésaventures et de rencontres, un long voyage dont la durée sera nécessaire pour que les frères dépassent la défiance et retissent des liens entre eux.

Fabio, était et reste adepte de la pratique de la boxe. C’est à l’image de la dureté qu’il exhibe. Giovanni apparait plutôt comme un bon fils resté fidèle à sa famille. Au fil des discussions entres les frères, au début très réservés, et au fil des rencontres avec des personnes qui agissent comme des révélateurs pour chacun des frères, ces postures un peu manichéennes s’estompent, et une vérité beaucoup moins caricaturale se révèle.

Le dessin d’Alfred ne mise pas sur une beauté réaliste mais plus sur l’expressivité. Les ambiances colorées sont à l’image du récit et du ressenti partagé des personnages. La longueur du récit, le recours à des flashbacks sur la période d’avant la séparation permettent au lecteur de vivre, comme les deux frères, ce cheminement qui les amènera à un apaisement.

Come Prima (comme avant), n’est pas un récit nostalgique, mais très beau récit tourné vers l’avenir. Il parle des liens qui unissent les membres d’une même fratrie, de leur solidité, de ce qu’ils permettent de faire et de la nécessité de construire un avenir à ces liens, non pas malgré, mais avec le passé. Alfred nous offre ainsi un beau moment d’optimisme.

Come Prima, primé à Angoulême en 2014, a été réédité récemment par Delcourt.

 

Les liens entre membres d’une même fratrie sont à la fois complexes et solides. Ils se nourrissent des rivalités et jalousies datant de l’enfance, des routes qui se séparent, des retrouvailles, des non-dits à deviner et d’une solidarité plus forte que les différences.

C’est beaucoup plus fort que les simples notions de fraternité ou de sororité, pourtant très belles. La force de ces liens entre frères et sœurs est sans doute la raison pour laquelle on les appelle parfois liens du sang.

Beaucoup de livres ont été écrits sur ce sujet universel. On peut conseiller, par exemple, l’excellent livre Leur domaine de Jo NESBØ qui lui aussi explore la nature de ces liens dans un registre certes plus noir. On y retrouve par contre des évènements qui séparent des parcours de vie, la dureté de situations, et aussi quelque chose d’irrationnel qui pousse des frères à agir de concert tellement les liens entre eux sont forts et inexplicables.

Peut-être avez-vous d’autres ouvrages sur ce sujet à conseiller ?

Pour célébrer son 40e anniversaire, le Groupe Delcourt remet en lumière une sélection d’ouvrages qui ont marqué son histoire et ont été plébiscités par le public, la critique, et les jurys des prix les plus prestigieux, comme Come Prima Fauve d’or à Angoulême en 2014.

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