Entre le livre documentaire de 2016 et son adaptation romancée en 2025, le match est lancé… qui va gagner ?

Le livre de Laurence Cossé (2016 Gallimard) est plus qu’un roman. Il est un récit historique documenté sur la construction de la Grande Arche de La Défense (Le Cube d’après son créateur). Le film en est, quant à lui, une adaptation écrite et réalisée par Stéphane Demoustier (Novembre 2025).
La Grande Arche est un récit chronologique foisonnant où s’enchevêtrent en permanence les plans politique, technique, sociologique et artistique… d’autant que l’époque connaît de grands bouleversements. En effet, à la suite de la victoire historique de la gauche et de l’élection de François Mitterrand, le Président lance de grands travaux dans Paris (Opéra Bastille, Pyramide de Pei, Bercy…). En 1986 la droite redevient majoritaire et, cohabitation oblige, prend les rênes des grands travaux et tente de leur imposer une cure d’amaigrissement. Puis nouveau tournant en 1988 avec la réélection de Mitterrand. Dans le livre de Laurence Cossé on comprend aisément le prisme des décisions politiques et des difficultés architecturales.

Or, Demoustier introduit sa propre dramaturgie dans cette histoire documentaire. Il gomme certains personnages (Lion), en renomme d’autres (Pellerin est Leloup dans le film, Subilon pour Subileau) et réhausse le rôle d’autres (l’épouse de l’architecte Von Spreckelsen).
L’inconnu réunit : Claes Bang (acteur danois, vu dans The Square) dans le rôle de Spreckelsen, la danoise préférée des français Sidse Babett Knudsen, Michel Fau qui dresse le portrait d’un hiératique Mitterrand, Swann Arlaud et Xavier Dolan très convaincants.
Les deux œuvres partagent une tonalité mêlant tragédie et ironie sur le système français, mais surtout (principalement dans le livre) on y découvre un architecte au trait de génie lumineux d’un projet trop grand pour ses capacités techniques, et qui cédera en s’arcboutant sur son idée originelle sans comprendre véritablement le pourquoi de son « échec ».
Pour info, le film utilise des photos d’archives de la construction animées par des effets visuels avec les acteurs intégrés dans ces archives. On saluera cette performance (voir les photos de la pyramide de Pei entre autres).

En résumé, le livre de Cossé est un documentaire précis (et parfois longuet 😉 tandis que le film de Demoustier en est une adaptation romancée, gommant certaines aspérités pourtant vitales à la compréhension du sujet… Tout cela n’est pas vital, mais un bon parisien lira l’un et visionnera l’autre !




…et en prime une photo du projet de Jean Nouvel pour le concours
une autre vidéo (avec quelques inexactitudes …)




