Chez Dupuis, le conte beau et bouleversant de Rosalie Radosti.

1760. Jacques, un enfant à la constitution fragile, s’épuise pourtant aux champs sous le joug de ses parents bigots et violents. Pour échapper à la société de son temps, écrasée de fanatisme religieux et de brutalité, le petit garçon se réfugie dans l’intimité du monde onirique qu’il s’est imaginé. Là, entouré de sa cour de pantins « exclus », splendides créatures aussi attachantes que théâtrales, il peut se rêver en « princesse Jacqueline ». Une princesse qui, un jour, part en quête de la légendaire Robe d’or, censée exaucer tous les vœux. La seule chance pour Jacqueline de créer un royaume où les « exclus » seront chez eux…
Voici un album qui ne laisse pas indifférent. C’est beau et bouleversant à la fois. Autant sur la forme que sur le fond. Les dessins sont splendides, solaires, chaleureux. Les pages sont de véritables tableaux oniriques. Le contraste de la réalité en noir et blanc avec le monde chatoyant du monde des rêves de Jacques est saisissant.

C’est tendre et subtil, dur et injuste. Sous l’apparence d’un conte pour enfant, c’est une claque pour adulte qui nous prend aux tripes et nous interroge. Plus on avance dans lecture et plus on passe d’Alice au Pays des Merveilles à Zola. Mais toujours avec le sourire emerveillé du lecteur qui s’accroche aux aventures hautes en couleur de cette Reine des Pantins qui s’évade avec ses petits moyens. Jusqu’à ce final inoubliable…
La Reine des Pantins de Rosalia Radosti est une tragédie autour de l’identité de genre, mais pas que…
Matthieu Caubit
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