La protection de la nature en Afrique peut prendre la forme d’un nouveau type de domination par l’occident, le colonialisme vert.
Le parc national du Simien
Dans les années 1960 en Afrique, des ONG prennent conscience des risques de destruction de la faune et la flore, à l’instar de ce que l’occident a connu au fil de l’industrialisation. Dans le cadre du Projet spécial africain de l’Unesco et du WWF, l’Ethiopie adhère à l’idée de créer une réserve naturelle dans la région du Simien.
Une enquête policière ?

Dans cette région de hauts plateaux, les populations, indépendantes et assez rebelles à l’autorité impériale, rechignent à quitter leurs terres. La BD démarre avec l’assassinat d’un garde du parc. Une enquête débute et, très vite, apparait la violence pesant sur des millions d’Africains, déplacements forcés, luttes politiques, le tout financé par ces ONG occidentales.
Cette BD s’appuie sur le travail de l’historien Guillaume Blanc qui a fouillé les archives éthiopiennes. Elle retrace l’histoire vraie des faits qui ont émaillé la création de cette réserve en Ethiopie, avec son lot de violences. La seule liberté prise avec l’histoire est qu’il n’y a jamais eu d’enquête officielle mandatée par les ONG commanditaires.
Pour en savoir plus sur la création du parc du Simien
Colonialisme vert ?
Ce livre va à l’encontre d’idées reçues sur le sujet de la protection de la nature et amène à se poser des questions sur le prix à payer pour sa sauvegarde.
Quel choix faire entre la (sur)vie de populations autochtones et la protection d’une nature fantasmée ?
La sauvegarde de la nature peut-elle se faire au prix de la mort humains ?… et qui plus est, si elle est utilisée comme justification pour assoir un pouvoir politique contre des populations rebelles ou insoumises.
Une prise de pouvoir occidental sur la sauvegarde du patrimoine naturel africain n’est-elle pas la poursuite du colonialisme sous une autre forme ?… réalisé d’ailleurs avec le « recyclage » d‘acteurs de celui-ci.
Ce livre, sur ce que Guillaume Blanc appelle le colonialisme vert, est une belle invitation à sortir d’un certain confort intellectuel pour regarder la complexité de la réalité africaine, et accepter que notre vision d’occidental ne soit pas une référence absolue.





