Gerhard Richter est un artiste contemporain dont la carrière s’étend sur plusieurs décennies et… une très grande diversité stylistique.

Né en Allemagne en 1932, il fuit vers l’Ouest en 1961, où il développe une œuvre oscillant entre figuration et abstraction. Dans les années 1960, il se fait connaître avec ses «photopaintings», des toiles inspirées de photographies, souvent en noir et blanc, où le flou devient une marque de fabrique.

Au fil des années 1970 et 1980, Richter explore l’abstraction pure, notamment à travers ses célèbres «Abstrakte Bilder» où couleurs, formes et textures sont travaillées à la raclette. Il passe de paysages et portraits à des œuvres géométriques ou monochromes.
Dans les années 1990 et 2000, Richter expose dans les plus grands musées et réalise des œuvres monumentales, notamment les vitraux de la cathédrale de Cologne, et poursuit ses recherches sur la couleur et la lumière. Son œuvre est traversée par l’histoire allemande ses doutes et son questionnement.

L’exposition à la Fondation Louis Vuitton (17 Octobre 2025 – 2 Mars 2026) propose une traversée des différentes périodes de Richter. Le parcours scénographique permet de découvrir la diversité des approches, du réalisme photographique aux grands formats abstraits, même si les cartels et les commentaires de l’appli audio référente peuvent parfois prêter à sourire.
Quant au flou chez Richter, ce procédé n’est donc pas un défaut technique (heureusement !) mais un acte artistique obtenu par l’utilisation de brosses en caoutchouc sur la peinture encore humide ou par raclage. Dans ses portraits familiaux comme dans ses tableaux historiques (la série sur Baader-Meinhof par exemple), le flou est censé signaler l’usure du souvenir, mais il censure de fait certaines parties «douloureuses» des images exposées (la série Birkenau étant un véritable révélateur du procédé). Cette approche est déroutante, et peut frustrer ceux qui (dont je suis !) apprécient des image précises quand il s’agit de figuratif.



Au final, un artiste au parcours étoffé, aux expérimentations incessantes et construites méritant largement d’être découvert par ceux qui, comme moi, ignorait tout de lui.





