Requiem pour L. mortifère ? À débattre…

Ionesco disait : « L’oeuvre d’art n’est pas le reflet, l’image du monde ; mais elle est à l’image du monde. » Parfois dérangeant, intrusif et déstabilisant, l’art est toujours passionnant et foisonnant. Pour autant, faut-il, lors d’une adaptation  musicale du Requiem de Mozart, projeter le décès en direct de L.?  Le parti-pris, le choix artistique sont évidents. Mais qu’en est-il réellement des spectateurs ?

Le pitch

Avec son Requiem, Mozart a laissé un testament éternel. Fabrizio Cassol et Alain Platel s’en saisissent pour créer un nouveau rituel au moyen de métissages, une traduction sonore et physique réunissant quatorze musiciens de plusieurs continents. Conjuguant des influences musicales diverses comme le jazz, l’opéra et la musique populaire africaine, ils accompagnent les derniers instants d’une femme, son silencieux voyage au-delà de la vie. Leur requiem invite à célébrer l’ars moriendi, l’art de mourir – sans lequel il n’est pas d’art de la vie.

Un avis

La question est posée : la vie est à la fois douce, cruelle, merveilleuse, passionnante, désespérante, fougueuse, inquiétante, source de mille joies… bref une ambivalence à laquelle on se confronte au quotidien. Et certes, en se rendant à un spectacle, on doit s’attendre à être bousculé, dérangé dans notre cocon et notre façon de voir les choses.

Une fois posé ce postulat, il demeure la question du libre choix des spectateurs. Nombre de ceux qui assistent à ces représentations avaient-ils imaginé se retrouver face à la mort en direct ? Chacun son expérience et son rapport à la mort bien entendu, mais en connaissance de cause certains se seraient abstenus.

L’interprétation musicale est captivante, grâce à une troupe époustouflante -même si un sous-titrage pour les néophytes aurait  été nécessaire-. mais dans le même temps, la lente agonie de L. qui capte le regard sans aucune distance, pulvérise l’attention de certains, au point de les faire sortir du propos.

Alors, on peut théoriser comme Télérama : « Face à un tel miroir, on communie avec tous nos deuils passés ou à venir« , on peut également souhaiter ne pas renouveler de douloureuses expériences personnelles et être libre de ses choix.

A vous de vous faire les votres.

😉

Un extrait du spectacle sans la vidéo 

La critique de Télérama : https://www.telerama.fr/scenes/requiem-pour-l,-le-pari-reussi-dalain-platel-et-fabrizio-cassol,n5705418.php

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