Frère d’âme : un court roman pour une grande guerre.

D’une violence extrême, également empreint d’une forme de poésie, Frère d’âme a remporté le Goncourt des lycéens 2018. Véritable consécration ou erreur de casting?

Le pitch

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom.

Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.

Le livre

Que dire de ce roman primé par nos jeunes pousses? La question reste posée quant à l’objet littéraire. Pour l’histoire celle avec un grand H, elle nous ramène à cette guerre d’il y a un siècle où une folie meurtrière s’est emparée de nombreux peuples.  Dans ce roman, c’est l’Afrique qui s’immisce dans la boue bien européenne des champs de bataille. 

On y apprend le combat sans pitié, et le courage de tous les soldats y compris de ceux ayant traversé l’océan pour offrir leurs corps et leurs âmes en festin à un cruel repas.  Si la première partie est ultra violente voire gore, on n’ose s’en révolter tant 14-18 paraît encore dans nos mémoires une boucherie sans nom… pourtant elle est difficilement soutenable, même si sans doute nécessaire au récit.

La seconde partie, flash-back ô combien éclairant avant une fin  inévitable, semble mieux construite et charpentée.

Le lecteur peut ressentir du coup un déséquilibre de structure déstabilisant.

😉 😉

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Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.
David Diop à La Grande Bibliothèque.

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