Chernobyl/ la fin de l’homme rouge : l’effondrement de l’URSS

La série Chernobyl et le livre La fin de l’homme rouge mettent en scène chacun à leur manière la dissolution de l’empire soviétique. La première en 1986, la seconde de nos jours… 30 ans de différences sidérantes…

La série : un récit glaçant de précision.

Le Pitch

26 avril 1986, l’histoire vraie de la pire catastrophe causée par l’homme et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l’Europe du drame. L’explosion d’un réacteur à la centrale nucléaire de Chernobyl, en Ukraine, a de terribles conséquences aussi bien sur le personnel de l’usine, que sur les équipes de secours, la population et l’environnement.

Une série dont on ne ressort pas indemne

L’Union soviétique n’est plus ce qu’elle était en 1986 et Glastnost et Perestroïka sont passées par là. Pourtant le système soviétique continue à fonctionner à toute vitesse (si l’on peut dire). Bureaucratie, peur à tous les étages, soumission et désenchantement à tous les niveaux font sauter non seulement le couvercle du réacteur de la centrale de Chernobyl, mais également les dernières illusions d’un régime à l’agonie.

Mini-série, très documentée, Chernobyl démonte la chaîne de décisions après la catastrophe. Cette série (à rapprocher de la fin de l’homme rouge voir plus bas) révèle à tout occidental, l’incroyable croyance en un collectif qui doit tout supplanter. Les sacrifices des mineurs et des ouvriers du site imposent, certes la tristesse, mais surtout un immense respect et devoir de mémoire, car l’on peut penser qu’ils nous ont également sauvés !

Le livre : je t’aime, moi non plus…

Depuis «Les Cercueils de zinc» et «La Supplication», Svetlana Alexievitch est la seule à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu’a été l’URSS, la seule à écrire la petite histoire d’une grande utopie. Mais elle est avant tout un écrivain, un grand écrivain. Ce magnifique requiem utilise une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés.

La chute de l’URSS en 1991 signa la fin de l’ère communiste soviétique tel que le monde l’a connue pendant près de 70 ans. Dans ce livre d’entretiens et de témoignages, Svetlana Alexievitch tente de nous faire comprendre le piège dans lequel s’est fourvoyé le peuple russe à coups d’illusions et de faux espoirs, avant et après la dissolution des quinze républiques.

Un livre pour comprendre l’ambiguïté du peuple russe

 Les contrastes sont importants dans cet ouvrage hors normes. Constitués d’entretiens débridés, il expose la détestation la plus totale pour le régime communiste et dans le même temps, l’amour d’un idéal magnifique envers un monde nouveau.

Certains assimilaient la liberté au capitalisme, d’autres à la communauté des peuples… et tous sont déçus… on le lit, on le sens… les illusions semblent évanouies chez le peuple russe et son désenchantement est bouleversant. D’autant que certains, revenus du goulag, continuent à soutenir le régime et nous laissent sans réaction.

Éclairant à plus d’un titre, il révèle un amour de la patrie au-delà de toute considération politique et nous fait mieux comprendre pourquoi la Russie veut toujours un chef à sa tête.

La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement est un essai de Svetlana Aleksievitch paru en 2013. En France, l’ouvrage a obtenu le prix Médicis essai et celui de meilleur livre de l’année par Lire.

Le livre à la FNAC, mais c’est beaucoup mieux chez votre libraire : https://livre.fnac.com/a9601572/ALEXIEVITCH-SVETLANA-BENECH-SOPHIE-La-fin-de-l-homme-rouge-babel-1415#omnsearchpos=1

Et la pièce en audio sur France Culture : 

https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-theatre-et-cie/la-fin-de-lhomme-rouge-de-svetlana-alexievitch?xtor=EPR-5&actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13Opqp45s0EfPwN8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=579024

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