Pour votre prochain discours de mariage lisez le Discours de Fabrice Caro

Si votre question existentielle du moment est : « Quand ai-je ri pour la dernière fois à la lecture d’un livre ? » ou « que penser du chauffage au sol » vous trouverez la réponse avec Fabrice Caro quI, après les BD inénarrables Zaï Zaï Zaï et Moins qu’hier *, nous livre cette fois-ci un roman rempli d’émotions.

Le résumé

« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.» C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex.  Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.  Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

Le livre

L’autodérision est un art difficile et Fabrice Caro le possède à merveille. S’il nous a fait rire aux larmes avec ses BD hilarantes, il sait également jouer de tous les registres de l’émotion.

En effet avec Le discours, nous voici aux prises avec un amoureux transi qui ne peut se remettre de la rupture d’avec son être aîmé. Et patatras, lors d’un déjeuner familial, son beau-frère lui demande d’écrire un discours de mariage. Mais comment demander à quelqu’un d’aussi en détresse de célébrer l’amour de 2 êtres ?  Et bien en ignorant tout de ses malheurs !

Car c’est ce qui arrive, avec notre héros, qui a le sentiment d’être transparent dans sa famille, dans sa vie et finalement avec son ex-compagne. S’il reste fermé à l’autre, il exprime par l’auto-analyse de toutes les facettes de ses erreurs.

On rit beaucoup à cette analyse existentielle et en même temps, tous les lecteurs peuvent se retrouver dans ce poignant chagrin d’amour.

  Mélancolie, auto-dérision, humour cinglant… un livre détendant.

😉 😉 😉

*http://mictolblog.com/?p=7521

Extraits

« Et quelle est la durée moyenne d’un chagrin d’amour ? Pourquoi ne pourrait-on pas l’évaluer de manière empirique ? Pourquoi un budget de la recherche n’est-il pas consacré à cette maladie qui est la plus répandue sur la planète ? Mais non, elle est traitée avec un mépris incompréhensible, comme une maladie orpheline qui ne serait pas suffisamment rentable pour les laboratoires pharmaceutiques. »

« Adrien, je te sers ? Tu aimes le poivron ? Je n’arrive jamais à me souvenir. Non Sophie, je n’aime pas le poivron, j’ai toujours détesté ça, tu n’as jamais su quels étaient mes goûts, Sophie, jamais tu ne t’es demandé ce qui m’intéressait réellement, ce qui me passionnait. Pour mon anniversaire, tu m’as toujours offert des encyclopédies. Des encyclopédies ! De huit à quarante ans, chaque année, à chacun de mes anniversaires : une encyclopédie. Fais le compte, Sophie : trente-deux encyclopédies, trente-deux ! »

« Entre le vide du présent et le trop-plein de passé, mon cœur balance. 

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« Il s’agit d’un arbre à vœux, m’avait-elle expliqué, tu vois, les gens écrivent leur vœu sur un petit morceau de papier et le glissent dans un de ses innombrables replis noueux…On va faire un jeu, on va chacun déplier un papier, un seul, on va le lire à l’autre, et ce qu’on lui lira sera ce que l’on souhaite pour nous deux, d’accord ? J’avais rechigné quelques secondes, arguant qu’on volait le vœu d’un autre et que ce n’était pas très honnête, je surjouais le trouble-fête pétri de morale pour attiser plus encore son envie de jouer, alors qu’au fond j’adorais l’idée. Sonia avait déplié son papier la première et l’avait lu. Regarde-moi toute ta vie comme tu m’as regardée hier soir. Et un silence avait suivi, un silence durant lequel nous avions échangé un long regard chargé de mille choses non formulées. À toi. J’avais déplié le mien et en avais découvert le contenu avec effroi. Je voudrai que Solène se laisse enculé. J’étais tétanisé. Sonia attendait que je lise mon papier, un sourire innocent collé aux lèvres, et je ne pouvais décemment pas lire ça, pas à ce stade de notre relation, pas à l’entrée de cette parenthèse enchantée où tout est si scintillant, merveilleux, féerique. Quelques mois plus tard, ce serait le genre de situation dont on pourrait rire sans la moindre gêne, mais à cet instant précis, une semaine tout jrs après notre rencontre, il était hors de question que j’oralise une phrase comme Je voudrai que Solène se laisse enculé, c’était impensable. Comme elle attendait, pendue à mes lèvres, piaillant des alors alors ? impatients, j’avais improvisé un Je voudrais emmener Solène à Rome, auquel elle avait répondu Oooh… Oui !! »

Critique/interview 

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