Les aérostats : un livre trop léger !

Le talent d’écriture d’Amélie Nothomb est indéniable et éclatant. Les aérostats chez Albin Michel, son nouvel opus après Soif, son chef d’œuvre à ce jour, révèle les failles qui lui colle à la peau : celle d’une dilettante qui ne va pas toujours au bout de ses idées.

Le résumé

« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »
Dans ce nouveau livre, la romancière se raconte à travers le personnage d’une étudiante bruxelloise. Les aérostats sont des aéronefs dont la sustentation est due à un gaz plus léger que l’air. Elle nous emmène pour la première fois dans son pays natal. Ange, 19 ans « mène une vie assez banale » et étudie la philologie.

Après avoir répondu à une petite annonce, elle donne des cours de littérature à Pie, un lycéen de 16 ans dyslexique. La romancière souhaitait avec cette rencontre explorer comment deux « très jeunes gens, qui sont chacun à leur manière, très emprisonnés » peuvent s’aider à avancer. « Ange c’est moi à 19 ans » avoue Amélie Nothomb, qui confie avoir également été, au même âge, « terriblement sérieuse » comme son héroïne. « Elle a beaucoup de points communs avec moi » insiste-t-elle, en pointant notamment les études et les difficultés de la jeune femme à rencontrer des amis.

L’analyse

L’année dernière, Soif ( http://mictolblog.com/?p=8194 )nous avait enthousiasmé par sa délicatesse, sa profondeur et la révélation des qualités d’écrivain de Nothomb. Mais voici qu’avec Les Aérostats, l’auteure belge sombre à nouveau dans la facilité malhabile qui gâche son travail mais remplit son portefeuille.

En artiste de génie, Nothomb nous inonde de son talent… avec parcimonie. Une écriture déliée et savante, une culture littéraire exaltante, une envie de partage… bref, on ouvre toujours l’un de ses livres avec enthousiasme et également, désormais après Soif, une circonspection de tous les instants.

Dans Les Aérostats, le sentiment du livre de commande (1 Nothomb par an) est particulièrement sensible tant elle survole (bacle,) son idée de départ en 2-3 mouvements. Son héroïne (son double) est sans aspérités, les personnage secondaires à peine esquissés, et le scénario décevant… on peut attendre tranquillement l’année prochaine en espérant qu’Amélie réalise que son talent la contraint à nous livrer un chef d’oeuvre à chacune de ses parutions !

😉

Son interview

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