LIVRE

Canoës, un roman en pièces détachées (comme le dit son auteur)

Chez Verticales, Canoës de Maylis de Kerangal descend une marche de plus après Un monde à portée de main (2018). Et vous, quel est votre opinion?

L’histoire

« J’ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, “Mustang”, et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d’un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d’échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s’use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer.
J’ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d’un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes – des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l’espace. Surtout, j’ai eu envie d’aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un “je”, au plus proche. »  

Maylis de Kerangal

Le livre

À quel moment un auteur se regarde écrire ? À quel moment un créateur abandonne l’idée que ce qui le meut est plus fort que lui ? La notion de passeur, souvent dévoyée, est pourtant au cœur même du travail des artistes, leur essence. Porter quelque chose de plus grand que soi et le porter au monde conduit à des chefs d’œuvre qui émeuvent ou bouleversent longtemps après avoir tourné la dernière page, arrêté la musique, éteint l’écran ou fermé les yeux…

Et dans tout ça que fait Canoë ? Ce livre est-il une œuvre digne d’attention, d’intérêt ou pour le moins qui provoque un début d’émoi ou l’apprentissage d’une vision autre que la sienne ?

Chacun se fera sa propre idée. Mais quand le style devient quasiment l’ultime objet de la narration et que le mot roman est accolé à une addition de textes dont l’un des seuls points communs est de comporter le mot canoë au détour d’une page (comme en réponse à un pari) peut on qualifier l’ensemble de vital à notre culture?

Rien n’est moins certain !

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