Cinéma

First man : les héros sont fatigués

Héros bourru, perclus de douleur par la perte de sa petite fille, Neil Armstrong est mort adulé en 2012. First Man raconte sa vie, une vie héroïque et une vie personnelle de souffrance. Une dualité parfois difficilement portée par le nouveau film de Damien Chazelle après La La Land.

Le pitch

Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Le film

Une curieuse impression peut saisir le spectateur à la sortie de la projection de First Man. La sensation de revoir un moment d’histoire de manière presque documentaire tant la précision semble être de mise et la sensation d’être entré par effraction dans la douleur d’un homme taiseux, rigoureux et sans fantaisie.

Quelle est la part de souffrance qu’il faut pour se forger un tel caractère et une telle volonté pour mener ce projet fou de marcher sur la lune? Le film semble pencher pour quelque chose d’énorme, tant la charge émotionnelle que subit Armstrong l’amène à se focaliser sur cet ultime objectif, puisque dans un sens sa vie n’en n’a plus…

Dans la salle obscure, on pense partager son impuissance à partager ce qu’il vit. Pourtant ni sa femme (parfaite Claire Foy vue dans The Queen), ni son ami Ed White (joué par Jason Clark) ne paraissent être dans ce cas…

La scène “lunaire” où son ami vient rejoindre Armstrong qui regarde les étoiles après le deuil de sa fille et s’entend dire “je ne suis pas allé à l’extérieur, pour parler…” est parlante (sans jeu de mots), tout comme celle où Armstrong déclare à ce même ami, en se promenant, qu’il y avait une balançoire du type qu’ils apercevaient, dans son ancienne maison (pour sa fille)… sont toutes deux magistrales par le fait que le peu qui est dit est éloquent au-delà de tout.


Pourtant malgré ces subtilités d’un cinéaste très fin, le parti-pris du non-jeu de Ryan Gosling sans aucune expression pose question. Cette posture est-elle celle de Armstrong durant sa vie, un mur lisse et dur vu de
l’extérieur ? Ou celle d’un cinéaste enclin à faire passer son message sur l’héroïsme de cette maniére?

Toute l’appréciation de ce film d’un finalement pourrait tenir dans la réponse à cette question.

😉 😉

 

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