No society de Christophe Guilluy : la fin de la classe moyenne occidentale ! Vraiment?

Le décor est planté : « La vague populiste qui traverse le monde occidental n’est que la partie visible d’un soft power des classes populaires qui contraindra le monde d’en haut à rejoindre le  mouvement réel de la société sinon à disparaître». Sorti le 3 Octobre (avant les événements actuels), cette étude sociologique nous instruit sur le mouvement des Gilets Jaunes d’une manière éclairante et saisissante.

Le pitch

«There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Il a pour conséquence la grande sécession du monde d’en haut qui, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative.

La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l’a-société. Désormais, no more society. La crise de la représentation politique, l’atomisation des mouvements sociaux, la citadellisation des bourgeoisies, le marronnage des classes populaires et la communautarisation sont autant de signes de l’épuisement d’un modèle qui ne fait plus société. La vague populiste qui traverse le monde occidental n’est que la partie visible d’un soft power des classes populaires qui contraindra le monde d’en haut à rejoindre le mouvement réel de la société ou bien à disparaître.

Le livre

Nul doute, nous vivons désormais une période où le consensus social vole en éclats. « Après les ouvriers, les employés et les paysans, ce sont aujourd’hui les professions intermédiaires et les retraités qui subissent les effets négatifs de la mondialisation. »

La ghettoïsation du monde d’en haut, voulue, planifiée et conceptualisée se heurterait désormais à l’émergence de zones périphériques, de périurbain subi dans lequel « Des catégories hier opposées, ouvriers, paysans, employés, indépendants se rassemblent peu à peu dans une même contestation, unies par le même sentiment de relégation culturelle et géographique.»

Désormais la population des plus modestes (et non forcément des plus pauvres) peu soutenue par le système français d’aide sociale se retrouve reléguée hors des endroits où se créent l’emploi et la richesses. Et sans aucun espoir d’y revenir au vu de la poussée immobilière ou l’hyper centre s’élargit en permanence.

Avec effroi, la classe dirigeante, voit émerger une nouvelle opposition. Celle-ci, non plus basée sur la lutte des classes, crée l’union de différents blocs de population, bien décidés à donner leur avis, même confusément, même sans « guide-line » politique ni objectifs précis. « Avec l’émergence du monde des périphéries, nous ne parlons donc plus des marges, des seuls ouvriers ou agriculteurs, mais également des employés, des cols bleus, des petits cols blancs, des jeunes, des retraités, des ruraux, des urbains. L’addition de ces marges finit par former un tout : la société elle-même. »

Nous y voilà. Sous la longue et inexorable (?) montée du chômage, il parait inéluctable que « la spirale dépressive est engagée. L’effondrement industriel, qui entraîne souvent une baisse des emplois présentiels, provoque in fine la crise des activités commerciales dans les petites villes et les villes moyennes de ces territoires, en frappant des catégories sociales très différentes. Après les ouvriers et les agriculteurs, ce sont désormais les employés et les petits indépendants qui sont fragilisés. Les plans sociaux ne concernent plus seulement l’industrie, mais les services, le commerce et même… les banques. En France, on estime que 12 % des agences bancaires devraient fermer d’ici 2024. »

Le monde des périphéries populaires s’inscrit désormais dans un environnement politique, social et culturel qui croyait pourtant, avec l’élection de Emmanuel Macron, avoir échappé au pire. Mais, et si le pire était à venir ?

Le livre à la Fnac, mais c’est bien évidemment beaucoup mieux de vous le procurer chez votre libraire de quartier :https://livre.fnac.com/a12641483/Christophe-Guilluy-No-society?omnsearchpos=1#ficheResume

À LIRE D’URGENCE 😉 😉 😉

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