MUSIQUE

3 femmes, 3 adaptations, 3 pépites à découvrir d’urgence

Les reprises, c’est un peu comme les seconds rendez-vous : soit ça matche à nouveau, soit même le souvenir est gâché. Mais ici bonne nouvelle : les trois artistes qui suivent n’ont pas juste repris des classiques, elles les ont dépoussiérés avec tendresse, et leur ont offert une seconde jeunesse. Trois femmes, trois adaptations, trois pépites… et aucune excuse pour passer à côté !

À l’origine, Véronique Sanson, à peine 22 ans en 1971, qui a écrit et composé ce monument, raconte sans détours une histoire d’amour bien réelle (avec Michel Berger), et signe LA chanson qui définira toute une génération. Ironie : la rupture qui s’ensuit fera d’« Amoureuse » un chef-d’œuvre intemporel – Sanson file rejoindre Stephen Stills à Los Angeles, et nous laisse une perle pop à la française dont les radios n’ont toujours pas fini de se remettre.

Janie, elle, a la très bonne idée de ne pas singer l’original. Sur Karaoké vie – album malicieusement titré – elle pose sa voix douce-amère sur une instrumentation épurée et fait glisser la chanson du tube de premier amour au murmure d’une femme qui sait. C’est plus lent, plus grave, presque une confidence chuchotée à l’oreille. Et franchement, c’est bouleversant…

À la base, c’est Michel Berger (tiens, le revoilà) qui écrit « Si maman si » pour France Gall en 1977, sur l’album Dancing Disco. Sous ses dehors de morceau disco-mélancolique, c’est une lettre douce-amère à une mère, un journal intime déguisé en tube radio. France Gall en fera l’un de ses plus grands succès – et pendant près de quarante ans, plus personne n’osera vraiment y toucher.

Et puis arrive Victorine. Sur son premier album, sobrement intitulé Papa Maman (titre programmatique s’il en est), elle s’attaque au monument avec un courage qui force le respect. Sa version est tout en retenue, en velours, en piano cristallin. Là où France Gall pleurait en dansant, Victorine soupire les yeux fermés. Elle ne déboulonne pas la statue : elle l’éclaire autrement et rend ainsi un hommage aux mélodies intemporelles de Michel Berger.

Au commencement, il y a Michel Jonasz, qui en 1974 signe un titre poignant écrit avec Pierre Grosz pour l’album Changez tout. Une chanson d’attente, de douleur silencieuse, d’amour sans fin dans un désamour qui l’est tout autant. Jonasz y déploie sa voix de crooner slave mélancolique, et le morceau s’est glissé depuis dans la catégorie de ces classiques qu’on fredonne en cuisinant, sans réaliser qu’on a les yeux qui piquent (en toute cas pour une certaine génération).

Et voilà que Fishbach, en 2026, ramasse le flambeau. Avec sa voix grave, ses synthés vintage et ce sens de la dramaturgie pop qui n’appartient qu’à elle, elle transforme l’attente en cinémascope sentimental. C’est new wave, c’est romantique, c’est presque un film court. Et on ne sait plus très bien si on attend quelqu’un… ou si on se parle à soi même sachant que tout est déjà perdu…

Et au fait : appuyez sur play et montez le son…

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