Cinéma

Gloria Mundi : un Guédiguian au ras du sol !

Gloria mundi est le nouveau film d’un Guédiguian déprimé mis aussi déprimant. Notre Ken Loach national, dont le magnifique Les neiges du Kilimandjaro hante encore toutes les têtes, nous livre une nouvelle attaque contre un libéralisme déshumanisant. Une occasion manquée, sic transit…

Le pitch

Daniel sort de prison où il était incarcéré depuis de longues années et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était grand-père : leur fille Mathilda vient de donner naissance à une petite Gloria.
Le temps a passé, chacun a fait ou refait sa vie…
En venant à la rencontre du bébé, Daniel découvre une famille recomposée qui lutte par tous les moyens pour rester debout. Quand un coup du sort fait voler en éclat ce fragile équilibre, Daniel, qui n’a plus rien à perdre, va tout tenter pour les aider.

Le film

Le mélodrame social est l’un des ressorts des films de Guédiguian. Le cinéaste l’utilise comme épreuve au noir d’une satire politique des plus engagées et des plus respectables du cinéma français. Dans Gloria Mundi, c’est le libéralisme sauvage qui est ciblé. Il n’est pas, ici, le résultat d’un grand complot d’hommes et de femmes déterminés à détruire notre société, mais celui d’un comportement sociétal général où l’individualisme écrase toute possibilité d’une solidarité et d’une générosité naturelles.

Cet objectif est plus que louable, cependant le traitement à ras du sol de la mise en scène empêche l’émergence d’une prise de conscience du spectateur. Les situations sont appuyées, voire caricaturales (la grève, les petits patrons, les taxis, les cadences…) et si les acteurs tentent de surnager dans leur vie quotidienne, le réalisateur ne leur donne pas la hauteur de vue leur permettant de comprendre qu’ils sont également en partie responsables de la situation (le chauffeur mis à pied pour avoir téléphoné au volant de son bus !).

On aimerait aimer, on adorerait pouvoir soutenir cette si belle ambition d’éveiller les consciences, mais s’il s’agit d’un film sur une époque déprimée, dont la pesanteur au lieu de donner du poids à son propos, le tire vers le bas.

Vivement le prochain Guédiguian !

Bande annonce

Interview

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