Cinéma

Nomadland : la face cachée du rêve américain. Poignant et éclairant…

L’histoire

Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

Nomadland, de l’Américaine Chloé Zhao, remporte le Lion d’or à Venise ; par ailleurs, couronné du Golden Globe du Meilleur film dramatique et sa réalisatrice de celui de la meilleure mise en scène. 

Mêlant la fiction à la réalité, la réalisatrice filme son héroïne croisant le chemin de vrais travailleurs itinérants, comme Swankie. Atteinte d’un cancer, cette dernière raconte ses souvenirs et les petits bonheurs de sa vie sur la route. «Ce que j’aime le plus dans ce mode de vie, c’est l’absence d’adieu définitif. J’ai rencontré des centaines de personnes ici, et je ne dis jamais adieu. Je dis seulement : on se recroisera sur la route».

Le film

C’est donc ça l’Amérique ! Un continent où se cotoient des êtres incarnés et des situations épouvantables. Un pays où notre imaginaire se fracasse au mur des laissés pour compte, des précaires de la, paraît-il, plus grande économie mondiale.

Que dire face à cette poésie des temps modernes, pathétique, désespérante et belle à force de laideurs… Que ressentir devant cette errance nostalgique et sans lumière au bout du tunnel. On se souvient des photos de Dorothea Lange et des Raisins de la colère sur la grande crise des années 30 aux États-Unis, et l’on se souvient également de l’énergie souterraine qui menait la vie des ces populations écartelées par le marasme de leur pays.

Ici, rien de tout cela, les personnages de Zhao sont, non pas sans force, mais sans avenir dans leur cœur. Sans apitoiement, ni plus de révolte, ils vivent au gré des petits boulots de ville en ville dans leurs vans de fortune où la moindre panne est redoutée. L’élan solidaire qui les porte est l’unique rayon de soleil d’un road-movie désespérant.

Puissions nous ne jamais devenir comme ça, puissions nous n’être pas déjà cela…

(Interprété –et produit- avec ferveur par Frances McDormand adorée récemment dans 3 billboards)

Bande annonce

https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=Nomadland&sft=1&sa=0

Inspiré d’un livre

Inspiré d’un livre L’intrigue de Nomadland est tirée du livre “Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century” écrit par la journaliste Jessica Bruder et publié pour la première fois en 2017. Pendant longtemps, elle a suivi plusieurs seniors devenus précaires (suite à la crise financière de 2008) et qui ont décidé de partir à la recherche de petits boulots, à bord de mini-vans.

La note de l'auteur

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